De passage à Paris pour un concert au Badaboum, un autre au 1999 et un Pop up chez Starcow, Pi’erre Bourne nous a accordé un peu de son temps avant de monter sur scène. Interview. // Pi’erre Bourne was in Paris for a concert at Le Badaboum, another one at 1999 and a pop up at Starcow, so he gave us a bit of his time before going on stage. Interview. 

 

 

OFIVE : Tu es un artiste multi-facettes, jonglant avec tes talents, Y a-t-il une autre voie artistique que tu aimerais explorer ? // You are a multi-faceted artist, juggling with your talents. Is there another artistic path you would like to explore ? 

Pi’erre Bourne : Le milieu du cinéma m’attire également, j’aimerais beaucoup être acteur, pour des séries ou des films peu importe. J’aimerais être ce genre d’acteur qui peut tout jouer et surtout pas un acteur dont on dit : « Il joue toujours le méchant » par exemple. Je veux jouer des gentils, des méchants, même des aliens ! // I’m also attracted to the movie world, I’d love to be an actor, for series or films of any kind. I’d like to be that kind of actor who can play any stuff, and especially not an actor which people are saying : « He always plays the bad guy » for example. I want to play good guys, bad guys, even aliens ! 

 

OFIVE : Quelle a été ta plus belle rencontre depuis le début de ta carrière ? // Who has been your best meeting since the beginning of your career ? 

Pi’erre Bourne : Kanye West. J’avais tellement de questions à lui poser. C’était super cool d’enfin le rencontrer et lui poser quelques questions. Sans rentrer dans les détails car c’est personnel, on a parlé musique mais aussi vie privée car je ressentais que nous avions beaucoup de points communs par rapport à notre passé, aux épreuves traversées. // Kanye West. I had so many questions I wanted to ask him. It was so cool to finally meet him and ask him some questions. Without going into details because it’s personal, we talked about music but also personal life because I felt that we had a lot of similarities with regard to our past, the journey and ordeals we went through.

 

OFIVE : As-tu besoin d’une atmosphère idéale pour composer ? // Do you need an ideal atmosphere to compose ? 

Pi’erre Bourne : Toutes les atmosphères sont bonnes à prendre car quand je crée, je m’inspire de l’humeur du moment. En réalité, j’aime beaucoup être seul pour travailler, je préfère vraiment. Par exemple, pendant cette tournée, je suis passé par plein de studios et je n’étais pas forcément à l’aise car les gens voulaient à tout prix me regarder composer ma musique alors que je voulais juste être tranquille. // All atmospheres are good to take because when I create, it captures the mood of the moment. In reality, I really like to be by myself, that’s the best. For example, during this tour I went to different studios and I wasn’t necessarily comfortable because people wanted to see me make my music at all costs when I just wanted to be quiet.

 

OFIVE : As-tu des règles, un processus particulier pour trouver de bonnes mélodies ? // Do you have rules, a particular process for finding good melodies ?

Pi’erre Bourne : Non, je ne suis pas ce genre d’artiste et producteur. Je suis assez libre lorsqu’il s’agit de création. Je ne m’impose pas une vision à respecter en disant : « je dois faire ça comme ça » ou « il faut qu’ils deviennent fous en écoutant ça », ce n’est pas mon genre. Je suis très reconnaissant envers le public qui aime ma musique mais je ne compose pas en pensant automatiquement à leur réaction. C’est toujours une surprise pour moi. // No, I’m not that kind of artist and producer. I’m pretty free when it comes to creation. I don’t impose a vision and say, « I have to do it this way » or « they have to go crazy listening to this », that’s not my style. I’m very grateful to the public who love my music, but I don’t compose with their reaction in mind. It’s always a surprise to me.

 

OFIVE : As-tu l’impression de faire partie d’une certaine génération et de l’influencer ? // Do you feel like you belong to a certain generation and influence it ?

Pi’erre Bourne : Je ne sais pas, je n’ai pas l’impression de faire partie d’une génération particulière. En réalité, je me sens vraiment différent des autres. C’est un constat que j’ai pu faire. Evidemment, si on regarde ma date de naissance et celle de mon arrivée dans cette industrie, on peut me rattacher à une génération, mais je ne le fais pas. Je pense que je me démarque et j’ai l’impression que je ne suis pas comme mes pairs. Je commence à peine à réaliser mon influence sur mon public, quand je porte des vêtements qu’ils vont ensuite acheter par exemple, c’est là que je me dis qu’il faudrait que je crée ma propre marque. Créer des vêtements et voir que les gens les portent dehors, c’est le but. Au début de ma carrière, je me sentais copié en permanence, que ça soit au niveau de mon style ou de ma musique, c’était un vrai problème. Des gens me demandaient où j’achetais mes vêtements et je les voyais ensuite avec les mêmes dans leurs clips, c’était embêtant et décourageant. Maintenant je trouve ça plutôt cool. Par exemple le masque que je porte (Bape), ça fait depuis juillet dernier mais je vois de plus en plus de monde aux Etats-Unis, rappeurs et producteurs sur Instagram, qui commencent à mettre le même. Je me rapproche de plus en plus de gros noms dans le milieu de la mode et ils me respectent à un autre niveau car ils sentent que je comprends la mode. Je n’ai pas de styliste ou quelqu’un qui me donne des conseils sur ce qui va marcher, je fais au feeling et ça marche. // I don’t know, I don’t feel like I’m part of a particular generation. I actually feel really different from other people. That’s one thing I’ve been able to see. Of course, if you look at my date of birth and when I came into this industry, you can relate me to a generation, but I don’t. I don’t feel like I’m part of a particular generation. I think I stand out and I feel like I’m not like my peers. I’m just starting to realize how much influence I have on my audience, when I wear clothes that they will then buy, for example, that’s when I think I should create my own brand. Creating clothes and seeing that people wear them out there, that’s the goal. At the beginning of my career, I felt like I was constantly being copied, whether it was in terms of my style or my music, it was a real problem. People would ask me where I bought my clothes and then I would see them with the same clothes in their music videos, it was annoying and discouraging. Now I think it’s pretty cool. For example the mask I’ve been wearing (Bape) since last July, I see more and more people with it in America, rappers and producers on Instagram, who are starting to wear the same one. I’m getting closer and closer to big names in the fashion world and they respect me on another level because they feel I understand fashion. I don’t have a stylist or someone to give me tips on what’s going to work, I just go with the feel and it works.

 

© @pierrebourne Instagram

OFIVE : As-tu pu trouver un plan studio à Paris ? Quid de ta quête de Gumbo Yaya ? // Could you find a studio in Paris ? What about Gumbo Yaya ? 

Pi’erre Bourne : Je n’y suis pas encore allé mais je pense qu’on a trouvé un studio. En général après mes concerts je vais en studio. Sinon j’étais très content d’être allé chez Gumbo Yaya aujourd’hui et j’y retourne demain, dès l’ouverture à midi ! Je connais le horaires par cœur. Après ils ferment à 15h et ré-ouvrent à 19h donc j’y serai pour 19h ! Gumbo Yaya ça me rappelle vraiment mes racines, la cuisine de chez moi, c’est dur de trouver de tels spots en voyageant. Cette tournée européenne est vraiment exceptionnelle côté Food. // I haven’t been there yet, but I think we found a studio. Usually after my shows I go to the studio. Otherwise I was really happy to go to Gumbo Yaya today and I’m going back there tomorrow, as soon as it opens at noon ! I know the schedule by heart. Then they close at 3pm and reopen at 7pm so I’ll be there for 7pm ! Gumbo Yaya it really reminds me of my roots, what I eat at home, it’s hard to find such spots while traveling. This European tour is really exceptional on the food side. 

 

 

OFIVE : Quel a été le plus beau paysage découvert pendant cette tournée ? // What was the most beautiful landscape discovered during this tour ? 

Pi’erre Bourne : Lisbonne au Portugal, ça m’a rappelé le Belize, le pays d’origine de ma famille. La mer, la chaleur, les palmiers… J’ai eu froid pendant tout le reste de la tournée en Europe et là, il faisait beau, je sentais les rayons du soleil, un énorme kiff ! J’étais surpris parce que je m’attendais à avoir froid partout. On m’avait bien répété de prendre des vestes et pulls chauds pour venir en Europe. // Lisbon, Portugal, reminded me of Belize, my family’s homeland. The sea, the heat, the palm trees… I was cold for the rest of the tour in Europe and there, it was sunny, I could feel the sun rays, so cool ! I was surprised because I was expecting to be cold everywhere. I’d been told repeatedly to take warm jackets and sweaters to come to Europe. 

 

OFIVE : Si tu avais un super pouvoir ? // If you had any superpower ? 

Pi’erre Bourne : La téléportation. J’irais chez moi prendre quelques affaires puis reviendrais ici tout de suite. // Teleportation. I’d go home to grab couple things and then come back here right away.

 

OFIVE : Maintenant, imagine-toi dans une très belle voiture, en train de rouler et admirer Paris de nuit. Quelle serait la bande originale de ce moment ? // Now, picture yourself in a very nice car, riding all over Paris by night, nearby the most beautiful monuments. What would be the soundtrack ?

Pi’erre Bourne : Je vais être honnête même si je sais que ça paraît égoïste mais je n’écoute que ma musique. Sauf quand je suis avec des amis, en club, ou que j’écoute la radio. J’écouterais donc des morceaux déjà sortis produits par moi-même ou des nouveautés à venir. // I’m going to be honest even though I know it sounds selfish, but I only listen to my music. Except when I’m with friends, in clubs, or listening to the radio. So I’d listen to songs that I’ve already released that I’ve produced myself or to new stuff that’s coming out.

 

OFIVE : As-tu un conseil pour les jeunes producteurs qui souhaitent se lancer sérieusement dans le milieu ? //  Do you have any advice for young producers who want to get seriously into the business ?

Pi’erre Bourne : Le meilleur conseil, et personne ne me l’a donné à l’époque, c’est d’avoir un avocat dès le début, même avant de trouver un manager. Quelqu’un de confiance et qualifié pour regarder tous les papiers, les histoires de copyright,  toutes les choses qu’un artiste ou producteur ne maîtrise pas forcément parce qu’il est trop occupé à être créatif. // The best advice, and nobody gave it to me at the time, is to have a lawyer/attorney from the start, even before finding a manager. Someone I can trust and who is qualified to look at all the paperwork, the copyright stories, all the things that an artist or producer doesn’t necessarily master because he’s too busy being creative. 

 

OFIVE : Quel compliment rêverais-tu de recevoir ? De la part de qui ? // What compliment would you dream of receiving ? From whom ?

Pi’erre Bourne : Michael Jackson n’est plus là malheureusement. Donc Beyonce qui me complimente sur ma musique. En plus on est tous les deux Vierge. // Michael Jackson is no longer here, unfortunately. So Beyonce complimenting me on my music. Plus we’re both Virgo. 

 

By Hell